Aurélie Lebel Cliqueteux
    Catherine Catteau Vandecasteele
    Avocates associées au Barreau de Lille
    50 rue de Dammartin 59100 Roubaix aurelie.lebel@lebelavocats.fr Droit de la famille, des personnes et du patrimoine
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    grève des avocats : Mediapart

    Le 26 octobre 2015

    Florian Borg, syndicat des avocats deFrance: « J’ai été poussé dehors et je suistombé à terre »PAR MATHIEU MAGNAUDEIXARTICLE PUBLIÉ LE ...

    Florian Borg, syndicat des avocats de
    France: « J’ai été poussé dehors et je suis
    tombé à terre »
    PAR MATHIEU MAGNAUDEIX
    ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 20 OCTOBRE 2015
    Les avocats qui protestaient le 20 octobre à Lille contre
    la réforme de l’aide juridictionnelle ont été évacués
    de force par la police. « On n’attend plus rien de ce
    gouvernement », commente le président du SAF.
    Le président du Syndicat des avocats de France
    Florian Borg, en pointe contre la réforme de l’aide
    juridictionnelle de la garde des Sceaux Christiane
    Taubira, était au Palais de justice de Lille ce mardi.
    Comme plusieurs confrères, il a été sorti de force par
    la police (lire ici). Il s’est retrouvé à terre, tandis que
    le bâtonnier de Lille Vincent Potié a, lui, été ceinturé,
    voyant sa robe d’avocat déchirée.
    Dans un entretien à Mediapart, Borg dénonce «la
    surdité absolue et la volonté de passer en force du
    gouvernement». La réforme de l’aide juridictionnelle
    a été adoptée jeudi à l’Assemblée nationale dans le
    cadre du budget 2016. Après les événements de Lille,
    la ministre de la justice recevra des représentants des
    avocats ce mercredi 21 octobre. Le Conseil national
    des barreaux brandit la menace d'une grève générale et
    illimitée des avocats ce vendredi.
    Que s’est-il passé ?
    Nous bloquions ce matin [mardi 20 octobre] le Palais
    de justice dans le cadre de la journée « Justice morte
    »[contre la réforme de l’aide juridictionnelle – ndlr].
    Les juges et les greffiers pouvaient rentrer. Le
    procureur a voulu absolument déférer des personnes de
    garde à vue, donc il a envoyé trois cars de police pour
    dégager l’accès au tribunal. Les policiers ont sorti les
    avocats de devant la porte. Le bâtonnier Vincent Potié,
    sorti le premier, a été ceinturé par deux policiers, et sa
    robe a été déchirée. D’autres confrères ont été traînés à
    terre. Moi j’étais dans un groupe d’avocats qui a voulu
    accompagner pour les défendre les personnes déférées
    de garde à vue vers les salles d’audience.
    Les policiers se sont interposés, ils nous ont sortis
    du tribunal. Avec d’autres confrères, j’ai été poussé
    dehors et je suis tombé à terre, et ma robe a été déchirée
    aussi. Je ne sais pas si de tels événements ont déjà
    eu lieu dans l’histoire de la justice. Un syndicaliste
    de gauche sorti par un gouvernement de gauche d’un
    Palais de justice, et un bâtonnier ceinturé, le symbole
    est fort ! Même des avocats qui voulaient plaider pour
    défendre des personnes déférées par le procureur ont
    été sorties du Palais de justice par la police. C’est
    affolant et désastreux.
    Comment en est-on arrivé là, à une telle tension
    sur la réforme de l’aide juridictionnelle, que tout le
    monde souhaitait au départ ?
    Le gouvernement doit assumer une augmentation des
    missions, mais comme il n’a pas les moyens de
    l’assumer, il réduit la rémunération des avocats. La
    garde des Sceaux n’a pas les moyens de sa politique,
    elle cherche aujourd’hui à dire qu’elle fait une réforme
    de l’aide juridictionnelle, mais concrètement, elle
    baisse la rétribution des avocats sur les dossiers qui
    concernent la justice du quotidien. Le gouvernement
    ne se donne pas les moyens d’une politique sociale.
    Attendez-vous des excuses ? Le 5 octobre, quand
    deux dirigeants d’Air France ont été agressés en
    marge d’un comité d’entreprise, Manuel Valls a
    parlé de « voyous »…
    C’est plus grave que ça : on n'attend plus rien de
    ce gouvernement. C’est dire l’état de colère et de
    désespérance de la profession. On lui demande juste
    de ne pas détruire ce qui existe déjà, et de retirer les
    projets qui mettent en péril la justice du quotidien. On
    n’a pas besoin d’excuses. On n'espère plus rien, sauf
    qu’il arrête de casser.
    [[lire_aussi]]
    Directeur de la publication : Edwy Plenel
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